Ne sommes-nous pas en risque dans notre travail, face aux usages de l’intelligence artificielle et son développement massif ? Comment l’Homme et la Machine (IA) peuvent cohabiter ?

Au début des années 2000, je m’étais pas mal intéressé aux travaux de Daniel Goleman sur la notion d’intelligence émotionnelle. Je cherchais des leviers innovants pour améliorer les performances de notre équipe. Pourquoi des personnes réussissaient mieux dans la vie par rapport à d’autres qui avaient pourtant eu quasiment le même parcours scolaire, universitaire et les mêmes diplômes, ou occupaient le même type de poste dans l’entreprise ? Est-ce une question d’intelligence ?

Définition de l’Intelligence

En voici deux que j’ai choisi sur internet :

  • L’intelligence est l’ensemble des processus retrouvés dans des systèmes, plus ou moins complexes, vivants ou non, qui permettent de comprendre, d’apprendre ou de s’adapter à des situations nouvelles (Wikipedia)
  • Intelligence vient du latin intellegentia (faculté de comprendre), dérivé du latin intellegere signifiant comprendre, et dont le préfixe inter (entre), et le radical legere (choisir, cueillir) ou ligare (lier) suggèrent principalement l’aptitude à relier des éléments qui sans elle resteraient scindés. (www.histophilo.com)

Mais il y en a des dizaines, selon les différents points de vue, mais surtout et ce qui est intéressant à retenir est qu’il y a différents types d’intelligences qui sont aujourd’hui répertoriés en 9 types (théorie de Howard Gardner) :

Chacun d’entre nous possède ces différents types d’intelligences, mais à des degrés différents.

Et l’intelligence artificielle alors ?

L’intelligence artificielle (IA) fait l’objet de beaucoup de communication, émissions de télé, articles chaque jour, mais le sujet reste abstrait ou même « nébuleux » pour la majorité des personnes. Il y a celles qui sont pour, et très optimistes, d’autres qui alertent sur les dangers et risques.

 

Quoi qu’il en soit, elle est de plus en plus présente dans nos vies, que ce soit à la maison ou au travail, et l’usage massif et exponentiel des algorithmes, des systèmes informatiques de plus en plus puissants mais aussi l’arrivée de l’ordinateur quantique facilitent son adoption.

Les enjeux, bénéfices et usages de l’intelligence artificielle sont multiples :

  • Amélioration de la productivité grâce à l’automatisation et digitalisation des processus,
  • Création de nouveaux services et usages,
  • Les usages devenus possibles grâce à la « connectivité » et le déploiement massif d’objets connectés, et donc des données disponibles pour les algorithmes ayant pour matière première, la donnée,

La « supériorité » de l’IA dans certains domaines où l’Homme ne pourra pas jouer dans la même cour est claire, même si les algorithmes et les machines intelligentes sont encore très loin de pouvoir réaliser tout ce qu’un Homme est capable de faire. Néanmoins, il est clair que beaucoup de taches seront automatisées dans l’entreprise et certaines missions vont disparaître, avec des impacts sur l’humain.

Dans ce contexte de révolution technologique et transformation majeure de notre écosystème, il est important de se poser une question fondamentale : Face à l’IA, comment préserver la place de l’Homme dans le travail ?

Comme je le disais en introduction, au début des années 2000, je m’étais pas mal intéressé aux travaux de Daniel Goleman sur la notion d’intelligence émotionnelle. Psychologue américain né en 1946 en Californie, Daniel Goleman est diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, puis devient journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement. Il publie en 1995 l’ouvrage Intelligence émotionnelle.

Voici les composantes que Daniel Goleman définit et a adaptées au contexte de la vie au travail :

  1. La connaissance de soi : conscience de soi et la capacité à comprendre ses émotions, confiance en soi
  2. L’autorégulation ou la maîtrise de soi, la fiabilité, l’adaptabilité
  3. L’optimisme : la motivation interne, l’exigence de perfection
  4. L’empathie : la compréhension des autres, la passion du service
  5. Les aptitudes sociales : la communication, cristalliser les changements, mobiliser une équipe…

D’après lui, les compétences émotionnelles sont des capacités qu’il faut développer et perfectionner. En d’autres termes, ce sont des compétences au même titre que des capacités sportives, musicales qui nécessitent d’être travaillées, en apprenant les « techniques » et le fonctionnement, et bien sûr en s’entrainant pour se perfectionner.

Daniel Goleman dit : « Le QI d’une personne n’est pas suffisant pour définir son intelligence car il néglige une part essentielle du comportement humain : les réactions émotionnelles. Cette autre forme d’intelligence est la capacité à percevoir, maîtriser et exprimer ses sentiments et ses émotions ainsi que ceux d’autrui. Elle influe sur notre self-control, notre motivation, notre intégrité, mais aussi sur nos relations avec les autres : elle permet de mieux communiquer et analyser notre entourage social ou professionnel ».

Pour Daniel Goleman, l’intelligence émotionnelle est le meilleur prédicteur de succès et de réussite. En apprenant à accepter nos ressentis, nous développons nos compétences et nos aptitudes.

Comment l’Homme et la Machine (IA) peuvent cohabiter

Nous pouvons dès aujourd’hui prendre le sujet de l’intelligence émotionnelle, et commencer à travailler sur toutes ces forces et capacités que chacun a à sa disposition, mais qu’il va falloir connaître et entraîner pour se perfectionner, continuer à créer de la valeur, et bien sûr cohabiter avec l’IA.

L’intuition, la créativité, l’audace, l’envie d’entreprendre ou encore la passion, sont des compétences humaines que les algorithmes ne sauront pas reproduire (de sitôt) et sont des sujets dans lesquels chacun peut progresser.